Thrillers Gujan-Mestras

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Port de Larros

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MEHDI Cloé

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE :

 

 

 

Née en 1992 près de Lyon, Cloé Mehdi commence à écrire au collège pour faire passer le temps. Refusée en section littéraire, elle s'entête à se faire éditer par vengeance. Son premier roman,Monstres en cavale, est publié aux éditions du Masque en 2014. Le second, Rien ne se perd, sort deux ans plus tard chez JigalPolar. A ce jour, et malgré un total de huit prix littéraires, ses anciens profs ne se sont toujours pas excusés. 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE :

 

 

Rien ne se perd, Jigal, 2016

 

Monstre en cavale, Le Masque, 2014

 

 

QUESTIONS :

 

Un livre ? Blanche-Neige et les lance-missiles de Catherine Dufour

 

Un film ou une série ? Mary et Max

 

Un auteur ? Ryu Murakami

 

Pourquoi écrivez-vous ? Parce que j'aime bien écrire

 

 

 

UN ROMAN :

 


 

Je ne connaissais pas le premier roman de Cloé Medhi. J’ai tenté le second : Rien ne se perd. Je lirai sans nul doute le prochain.

Mattia, onze ans, le narrateur. Son père s’est suicidé après de longues années en hôpital psychiatrique. Sa mère l’a abandonné, laissé aux bons soins d’un jeune tuteur qui a connu son père pendant son internement. Sa sœur disparaît régulièrement, en vadrouille pour ne reparaître que de façon très brève. Entre autres. Mattia devrait être très perturbé, il est étonnamment solide et lucide.

Quelques années plus tôt, dans la banlieue proche, Saïd, quinze ans, a été tué par les flics lors d’un banal contrôle. L’assassin a été relaxé. Le quartier s’était enflammé, le père de Mattia, éducateur, a coulé suite à ces événements. Et voilà que des années plus tard des individus louches tournent autour de Mattia et de son tuteur, et que le portrait de Saïd fleurit sur les murs de la ville.

Comme les adultes lui cachent tout, Mattia va devoir comprendre tout seul.

C’est compliqué de prendre un enfant comme narrateur. C’est encore plus compliqué quand on accumule sur ses épaules autant de poids : folie, suicide, abandon, injustice, incompréhension des adultes, rage, impuissance … Cela rend d’autant plus remarquable la réussite de ce roman.

Le ton est toujours juste, souvent bouleversant, jamais mièvre ou pleurnicheur. A la lecture on rage beaucoup, on a le cœur serré, on a envie de crier et de mettre de grands coups de pieds dans les murs, on n’a jamais le sentiment de se faire tirer les larmes ou de se faire manipuler et de verser dans le sentimentalisme.

Et pourtant, on côtoie la mort, l’envie de tout lâcher face à un monde dégueulasse, on se heurte à l’incompréhension des adultes, leur lâcheté parfois, leur maladresse et leur impuissance souvent. On comprend la révolte, la fuite, l’envie d’en finir, l’envie de se battre, l’angoisse insupportable et malgré tout, parfois l’espoir.

La vie est injuste, ce sont toujours les mêmes qui trinquent, toujours les mêmes qui sont protégés par le système. Notre monde est une sacré saloperie qu’on se prend dans la figure en permanence alors que des pourris, ou des inconscients nous balancent des pubs à la con où grâce au produit bidule, la vie est belle.

Cette rage, ce désarroi, cette impuissance … On les prend de plein fouet dans les dents à la lecture. Et pourtant ça fait du bien. Parce qu’il y a des personnages magnifiques, parce que l’histoire est très bien construite, parce qu’on se sent moins seul, parce que l’écriture est d’une justesse impressionnante.

Une sacrée découverte.

Blog : Actu Du Noir (Jean-Marc Laherrère) juin 2016